Snapchat n'est pas le journalisme de demain : c'est celui d'aujourd'hui

Les rédactions s'emparent progressivement du phénomène Snapchat. Aujourd'hui, l'application émerge comme une nouvelle forme d'écriture journalistique. CFJLab a tenté l'expérience au Cabaret Electrique, à Paris. Et c'est plutôt concluant.
A propos de ce projet
Publié le 19 Février 2016
Mots clés : snapchat journalisme
Auteur
Nick Carvalho
Nick Carvalho Promotion 69
Making Of
Travail réalisé dans le cadre de la majeure newsroom.
Photo : Brayan D.D (Creative Commons)
Les rédactions se passent le mot sans trop savoir quoi en faire : Snapchat représenterait l’avenir du journalisme. NiemanLab a déjà consacré des dizaines d’articles au réseau social en vogue. Certains sont méfiants. D’autres gardent un esprit alerte et ouvert. Outre-Atlantique, des pionniers comme Vice ou Buzzfeed ont montré la voie il y a quelques mois. En France, la tendance n’en est qu’à ses balbutiements. Ici, aucun site ou journal ne possède de chaîne officielle. Libération ou Ouest-France doivent se contenter, pour le moment, de produire des “stories”, comme un utilisateur lambda. 

Hier soir, j’ai assisté au Cabaret Électrique, un spectacle à la frontière du cirque et de la musique punk. J’en ai produit une story Snapchat. Le résultat est visible ci-dessous.

Snapchat V1 from Nick Carvalho on Vimeo.

Le format que j’ai expérimenté permet une forme de narration originale. Dans ce cas précis, plutôt que d’écrire une critique du spectacle, j’ai produit un montage où se mêle photos et vidéos. Sur le terrain, la captation se fait en quelques secondes. Et pour l’utilisateur, l’expérience est plus immersive. Sur son téléphone, il découvre le spectacle de visu, il est libre de passer à un élément suivant très facilement, il peut revenir en arrière... L’expérience est simplifiée au possible.

7 milliards de vidéos vues par jour dans le monde

D’un point de vue journalistique, ce format peut être décliné sur d’autres sujets : manifestations, concerts, festivals, compétitions sportives... L’essentiel est de proposer un contenu vivant, percutant et spontané. Dans le cadre d’un festival de musique, un journaliste pourrait :

  • filmer des concerts,
  • filmer les coulisses,
  • filmer l’ambiance du site,
  • interroger des festivaliers,
  • filmer des interviews minute d’artistes.
Autre cas de figure, un événement sportif. Prenons l'exemple d'un match de football. Le journaliste présent sur le terrain pourrait filmer :
  • l’avant-match,
    • ambiance autour du stade       
    • micro-trottoir avec des supporters       
    • ambiance dans le stade
  • des extraits du match,
  • l’après-match,                 
    • zone mixte
    • conférences de presse
A défaut de convaincre les plus sceptiques, l’application possède ainsi quelques atouts. Car Snapchat est avant tout prisée des jeunes :
Se positionner sur un tel réseau social, c’est s’adresser à un lectorat plus jeune, c’est aller chercher le public là où il se trouve, à savoir sur son téléphone portable. Les stories, en tant que telles, ne sont pas encore monétisables. Mais elles proposent une porte d’entrée intéressante pour atteindre ceux qui ont délaissé les médias traditionnels. A ces derniers de saisir cette opportunité. Il en est encore temps.

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