Mezcaleria, un « speakeasy » à la sauce mexicaine

J'ai testé pour vous : un bar caché latino au coeur de Paris.

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Publié le 19 Décembre 2017
Mots clés : loisirs paris sorties
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Making Of

Ce papier a été réalisé durant les sessions d’écriture d’Ondine Millot.

Entrer dans un hôtel branché boulevard du Temple à Paris, se perdre dans son immense restaurant, passer devant un aquarium qui abrite deux varans, Machu et Picchu, traverser les cuisines puis déboucher sur une porte à l’inscription énigmatique : « Bar clandestino ». C’est l’expérience que propose Mezcaleria, ouvert en 2014, un des nombreux bars cachés ou « speakeasy » de Paris. Ce concept s’est développé récemment dans les grandes métropoles, jouant sur le plaisir de faire partie des « happy few » ayant déniché une adresse secrète. A l’origine, il permettait aux Américains de consommer de l’alcool en secret pendant la prohibition.

Si Mezcaleria est effectivement caché au fond de l’hôtel 1K, sa salle est bien plus spacieuse que celle d’un « speakeasy » traditionnel. Le décor est très loin du New York des années 20. Il se rapproche plus d’un Dia de Los Muertos, jour des morts fêté chaque année en grande pompe au Mexique. Le rap américain en prime, diffusé à plein tubes : on aurait préféré une musique aux inspirations mexicaines. 

Le principal atout du bar est sa décoration : une grande Sante Muerte colorée, icône de la fête des morts, trône dans une vitrine, entourée de poupées en papier mâché coloré. Bougies disséminées dans toute la pièce, grand rideau écru orné de crânes chatoyants, immense croix kitsch fixée au plafond… 

Des cocktails originaux

Le dépaysement est assuré, surtout que Mezcaleria, comme son nom l’indique, joue sur une spécialité latine : les onze cocktails à la carte sont tous à base de « mezcal », eau de vie similaire à la tequila. Un importateur de « mezcal » a proposé à un de ses amis, propriétaire de l’hôtel 1K, de l’aider à écouler ses stocks en créant un bar dédié à ce produit. 

Cette eau de vie, issue de l’agave, se caractérise par sa puissance (alcool à 45°) et son arrière-goût fumé. Âmes sensibles s’abstenir : les cocktails sont très forts ! 

Robustes, mais acidulés, chacun est accompagné d’une tranche de fruit séché, déshydraté sur place par les barmans. Le « Wolf Gang » associe le Mezcal Koch Ensamble 4 Agaves à de la mangue et de la coriandre. Les saveurs sont très originales, et on apprécie l’arrière-goût poivré. 

Le « Flat Beach Lager », plus féminin, mixe l’alcool d’agave avec du rhum trois rivières et de la liqueur de pêche. La fraîcheur de la boisson adoucit le palais, et ce n’est pas plus mal ! 

Le service est attentionné sans être envahissant : même si le bar est quasiment vide en ce mardi soir, l’ambiance reste joyeuse. L’été, le toit peut s’ouvrir afin de profiter des rayons de soleil. Pour ne rien gâcher à l’expérience, l’addition est plutôt douce pour ce type de lieu : les cocktails coûtent en moyenne 12 euros. On repart légèrement enivrés, avec en tête la devise de l’établissement : « Para todo mal, Mezcal. Para todo bien, tambien ! »*.  

Mezcaleria. Horaires : 18h-2h

*Quand tout va bien, Mezcal. Quand tout va mal, la même chose !

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