Vianney dévoile « Vianney », son nouvel album : « Il me ressemble en tous points »

Deux ans après la sortie de son premier album disque de platine « Idées Blanches », qui lui a valu le trophée d’artiste masculin de l’année aux Victoires de la musique 2016, Vianney est de retour. Sorti le 25 novembre, son nouvel opus éponyme rassemble onze titres aux mélodies douces et aux textes que l’auteur-compositeur-interprète de 25 ans a voulus plus intimes. Il raconte.

A propos de ce projet
Publié le 11 Décembre 2016
Auteur
Laura Cappai
Laura Cappai Promotion 71
Vianney dévoile « Vianney », son nouvel album : « Il me ressemble en
tous points »

Laura Cappai : Pourquoi avoir intitulé ce nouvel album "Vianney" ?

Vianney : Parce qu’il me ressemble en tous points, encore davantage que le premier. J’ai voulu quelque chose de plus organique, de plus acoustique. Je me suis vraiment investi à tous les niveaux, passionnément, que ce soit pour les arrangements, l’écriture, le graphisme. C’est une grosse étape dans ma vie : j’ai appris énormément techniquement, musicalement, et sur moi-même. J’ai mené cet album à bout de bras en y mettant tout ce que je suis.

Vos chansons oscillent entre la gaieté de "Moi aimer toi" et la mélancolie de chansons comme « Oublie moi » ou « Sans le dire », voire le côté beaucoup plus sombre de « L’homme et l’âme ». Quelle émotion vous inspire le plus ?

Un sentiment malheureux peut être utile comme base d’une chanson. Mais je suis plus efficace pour écrire quand je suis heureux, loin de toute mélancolie. Mais je ne sais pas vraiment comment me vient l’inspiration. Je prends une guitare et les mots qui viennent.

Qu’est-ce que cela vous apporte, d’écrire sur vous ?

J’écris pour mon simple bonheur, j’en ai besoin. Dans la vie, je ne me dévoile pas facilement. Je suis plutôt du genre timide, réservé. Je compose tout le temps, dans le bus, dans ma chambre, dans les loges, avant et après les concerts…

Dans quel état d’esprit étiez-vous lorsque vous avez écrit « L’homme et l’âme », sur les attentats ?

J’ai eu l’idée de cette chanson après les attentats du Bataclan, mais j’ai attendu quelques mois pour l’écrire moins à chaud. J’ai voulu me donner le recul nécessaire, je ne voulais pas forcer l’écriture pour un sujet aussi lourd. C’est une chanson que j’adresse surtout à moi-même, un questionnement sur la profondeur d’âme. Lors des attentats, on nous rappelle avec violence qu’elle peut nous quitter.

Vous jouez au Bataclan le 21 mars prochain. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est hautement symbolique. C’est génial. On décide de reconstruire à l’endroit où tout a été détruit, où toute l’âme a été détruite, justement.

Dans « Le fils à papa », vous chantez « à l’aide à moi, on m’a pas fait comme ça, comme un fils à papa. » Que voulez-vous dire sur votre éducation ?

Mes parents m’ont appris à avoir conscience de ma chance, par rapport aux autres, au reste du monde … Cette chanson est un auto-questionnement, une autocensure lorsque je suis tenté de me dire insatisfait de ce que j’ai. J’essaye de me mettre une petite claque. Par optimisme, et par respect aussi. « Quand je serai père » évoque le monde que vous laisserez à vos futurs enfants.

Pourquoi ressentez-vous l’envie de leur dire « Épargnez-moi » ?

Parce que je ne suis pas le seul responsable de notre mode de vie et de consommation, de cette « culture du déchet », comme l’appelle le pape François. Si drame il y a, il est collectif. On est en plein dedans, c’est assez terrible.

Quelle est votre chanson préférée parmi ces nouveaux titres ?

« Le galopin ». Je l’ai écrite en dernier, en quelques heures, ce qui est rare. J’y évoque l’amour qui dure, c’est ce que je vis en ce moment. Une phrase y résume bien l’album et ce que je suis « S'inquiéter un peu. C'est bien. Mais se dire qu'on est bien. C'est mieux. » J’avance plutôt comme ça, comme un grand optimiste, c’est pour ça que j’ai voulu clore l’album par cette chanson.

En l’espace de deux ans, vous êtes passé de l’anonymat, votre page Facebook comptabilise aujourd’hui près de 130 000 abonnés. Comment vivez-vous le rapport à tous vos fans, et à la célébrité ?

Mes fans, je les ai en tête en permanence, si bien que je les connais, je connais leurs noms. J’essaie de leur rendre au mieux ce qu’ils me donnent, en répondant aux courriers, en allant à leur rencontre en tournée et sur les émissions. C’est le minimum. Quand à la notoriété, c’est juste une conséquence, absolument secondaire pour moi. Je pourrais m’en passer.

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